Christiania, l'utopie réelle



Lors de mon séjour au Danemark à l'été 2012, ma famille et mes amis avons passé nos derniers jours à Copenhague.

Nos pieds et nos pédales nous ont emmenés jusqu'à la commune libre et autogérée de Christiania. Certains parleront d'un quartier de la capitale mais c'est bien une ville indépendante à part entière.




J'ai envie de vous parler de cet endroit car au moment où l'on voit l'escalade de la violence à Notre-Dame-des-Landes, je continue de croire qu'un jour, nous arriverons à tous nous entendre malgré nos divergences... Je tiens à préciser que je ne prendrai ni la défense des zadistes, ni celle de l'Etat. La brutalité qui fait griller les neurones me fait systématiquement prendre mes jambes à mon cou.

Christiania se trouve en plein cœur de la capitale, juste à côté du quartier coloré de Christianshavn. Son entrée est matérialisée par 2 totems. Pas de contrôle d'identité mais vous rentrez bien dans une communauté avec son drapeau, ses propres règles, sa monnaie et sa poste.


Christianshavn





















Pas de panique, vous pourrez payer en couronnes danoises quand même, pas besoin de change pour manger dans l'une des cantines familiales où tout est fait maison par exemple 😉

S'il est interdit de prendre des photos dans Pusher Street, je n'ai reçu aucune remarque quant au fait d'immortaliser mes compagnons de voyage dans les autres parties du quartier - l'utilisation d'un appareil photo est néanmoins déconseillée (bonne chance pour empêcher les touristes de sortir leurs smartphones). Les habitants ne souhaitent pas être sur vos clichés, c'est tout. Respectez leur volonté et intimité et tout ira bien





















Vous vous demandez pourquoi on n'a pas le droit de prendre de clichés dans Pusher Street ? Tout simplement car cette rue, qui est la principale voie d'accès aux maisons du quartier, autorise la vente de drogues douces sur des stands. Et cela fait débat. Si les Copenhaguois et les Christianites se tolèrent depuis plus de 40 ans, tout ne s'est pas non plus déroulé comme dans un épisode des Bisounours.

Retour sur l'histoire de Christiania:

Elle s'est auto-proclamée ville libre de Christiania en 1971 après qu'un groupe de personnes sans emploi ou issus de la mouvance hippie s'est installé sur un terrain de caserne à l'abandon. Des tensions ont rapidement vu le jour entre ses habitants, notamment à cause des vendeurs et consommateurs de drogues dures qui ternissaient l'image de la commune. Les fondateurs voulaient avant tout que Christiania soit une expérience libertaire et pas un repaire de dealers. Ils ont alors fait le ménage dans leurs rangs en 1979.




Cette ville autogérée en assemblées est restée longtemps dans le viseur des autorités, souvent accusée de favoriser les trafics en tous genres.

Le 1er janvier 2006, Christiania perd son statut de communauté alternative et une première maison est détruite en 2007. Des émeutes éclatent alors entraînant l'arrestation de 59 personnes.

Les Scandinaves étant bien meilleurs que nous dans la négociation (sic), un accord a finalement été trouvé en 2011: les Christianites ont racheté les terres à l'Etat. L'essence même de l'anarcho-pacifisme ! Créer ses propres règles en respectant celles des autres. Si, ça existe. Et ça se passe au Danemark, le pays du compromis.




Plus d'infos sur le site Visit Denmark (en français)