L'Islande face à la crise sanitaire du coronavirus



Alors qu'une seconde vague semble se profiler sur l'Europe, la petite Islande tient pour l'instant le choc face à l'ennemi invisible. Sur une population de 360 000 individus, 1922 cas ont été diagnostiqués positifs à la COVID-19, avec un nombre de décès s'élevant à 10 morts à ce jour (juillet 2020).

Retour sur sa gestion de cette crise sanitaire. 

Le premier cas a été diagnostiqué le 28 février, un Islandais de retour du Nord de l'Italie, et de suite mis en quarantaine à l'hôpital: la phase d'alerte était lancée. 

On entend souvent que tout est plus facile à gérer en Islande de par la faiblesse du nombre d'habitants. Certes. Mais pas que. Il y a aussi eu des choix et des comportements individuels. 

10% de la population islandaise avait déjà été dépistée au printemps, sur la base du volontariat. Alors oui, il est plus facile de tester 10% de l'équivalent de la population de Nice qu'un pays peuplé comme la France, mais c'est aussi sur l'île fantastique que siège l'entreprise deCODE Genetics, leader dans le domaine des études génétiques depuis les années 2000. L'épidémie a ainsi été freinée dès le début avec la mise en quarantaine des malades, y compris ceux asymptomatiques.

Aucun confinement obligatoire n'a jamais eu lieu, les Islandais souffrant de symptômes s'étant mis en quatorzaine d'eux-mêmes - avec quand même la menace d'un emprisonnement de 3 mois en cas de sortie du domicile pour les malades confirmés. Début mars, moins d'une semaine après le premier cas, plus de 10% des Vikings s'étaient déjà confinés chez eux. Certains établissements recevant du public ont néanmoins été fermés comme les discothèques ou les coiffeurs, avec en plus l’interdiction de rassemblements de plus de 100 personnes.   




A la mi-mars, date à laquelle la France fermait le rideau, les réunions de plus de 20 personnes sont désormais interdites en Islande et les passagers en provenance de l'étranger sont systématiquement mis en quarantaine.

Pour éviter un mouvement de panique, les autorités ont laissé un délai de 3 jours pour que les familles préparent tranquillement le confinement - pour cause de fermeture des écoles dans les 72h, non pas parce qu'il était obligatoire. Les masques et gels hydro-alcooliques étaient parfois en libre-distribution à l'entrée des établissements sans aucun vol à déplorer. La confiance qui règne en Islande et dans toute la Scandinavie m'épatera toujours. Cela reste la principale différence culturelle avec le reste de l'Europe. En Islande, même les bébés dorment dehors sans surveillance ! 




C'est économiquement que l'Islande a finalement le plus souffert. Le tourisme est devenu la première ressource économique du pays. La fermeture des frontières a dévasté les compagnies aériennes et Icelandair n'a pas été en reste. Il a un temps été envisagé que la direction licencie tout le personnel navigant commercial. Un fragile accord vient d'être trouvé et la timide reprise de la saison touristique a sauvé in extremis près de 40% des effectifs... 

Depuis le 15 juin, la plus belle île du monde accueille de nouveau les amoureux de nature intacte. Les 15 premiers jours, les tests de dépistage étaient offerts par l'Etat. Depuis le 1er juillet, ils sont à la charge des voyageurs pour 70€ (57€ si payés en avance sur www.covid.is) et sont obligatoires. Si vous êtes testés positifs, hop ! en quarantaine. Mais si vous avez l'âme joueuse, c'est le moment d'aller découvrir ce pays sans hordes de zombies en Gore-Tex. Débordée par le tourisme de masse ces dernières années, vous ne serez dérangés que par les sternes arctiques cet été...ou les éruptions ! La terre y tremble beaucoup en ce moment. A suivre...