Esja


Vendredi 22 juin 2018


Ce que je préfère dans mes très courts séjours en Islande, c'est vivre à la locale sans programme précis, façon slow travel.

J'ai bien conscience que c'est un luxe qu'on peut s'accorder lorsqu'on connaît déjà bien le pays et qu'on n'est donc pas tenté de voir le maximum de lieux en un minimum de temps. C'était ma neuvième fois et la quinzième pour mon amie (!)


2 Frislandaises en Thulé


L'avantage avec Thulé, c'est qu'il y a toujours plein de choses à faire dans un périmètre restreint. 

Logées à Hafnarfjörður chez notre amie commune Caroline, Aurélie et moi avons pris la direction de la montagne Esja à 30 km de là.

La veille, nous avions tölté avec les chevaux de Begga avant d'aller patauger dans les eaux chaudes de Vesturbæjarlaug pour finir la soirée sur la péninsule de Reykjanes. Toujours un truc à faire, je vous dis !


Íslenski Hesturinn
La piscine de Vesturbæjarlaug





La péninsule de Reykjanes en pleine "nuit" d'été islandaise


Esja, vous la connaissez tous si vous êtes déjà allés à Reykjavík. C'est ZE montagne, celle qui fait face à la ville le long du bord de mer, de Seltjarnarnes à l'ouest aux quartiers Est à Laugardalur.


Le massif de montagnes Esja au fond - mai 2015


C'est la randonnée préférée des citadins, celle qui permet de fuir le bitume reykjavikois en moins d'une demi-heure. Les habitants l'appellent d'ailleurs affectueusement "Esjan" pour " La Esja".

Indiquez les coordonnées "Esjustofa" sur le GPS et il vous emmènera au point de départ de la marche. Sur place, un café-restaurant et un grand parking.


Esjustofa


Le restaurant n'est pas toujours ouvert même si ses horaires indiquent 11h30 - 17h30. Le mieux est d'appeler ou de prévoir son repas.

Plusieurs sentiers sont proposés. Nous avons décidé de prendre le sentier bleu et de s'arrêter à Steinn, à 600 mètres d'altitude, le reste du chemin étant pris dans le "súld", le brouillard si typique des reliefs islandais.




Le point culminant est à 914 mètres. Contrairement à ce que l'on pourrait croire, l'Islande n'est pas un pays de hautes montagnes. Le mont Hvannadalshnjúkur, sur la côte sud à Skaftafell, est le plus haut avec un sommet à 2100 mètres seulement, loin derrière nos Alpes.

Nous n'avons volontairement pas pris l'accès le plus direct, histoire de faire durer le plaisir en longeant le cours d'eau et ses cascades.


 














Une fois de plus, le capricieux ciel de l'île fantastique s'est amusé à nous chahuter gentiment. 

Je suis partie avec mon lopapeysa, le pull traditionnel en laine lopi. Quand la brume a commencé à faire perler de jolies gouttes sur celui-ci, j'ai enfilé mon coupe-vent. Le brouillard s'est ensuite levé, j'ai eu trop chaud, j'ai enlevé l'imperméable. Il pleuviote, je remets le K-way. Puis j'enfile les gants. C'est qu'on commence à grimper et la température, elle, baisse. Bonnet ! Mes oreilles ont froid. Tout reste néanmoins bien agréable. L'air est pur et j'ai retrouvé mon teint de jeune fille (ou presque).




De ce côté-ci, l'ascension est facile et le sentier bien indiqué. Nous avons juste eu un petit doute après avoir traversé la rivière à pied pour rejoindre le flanc gauche de la montagne, un peu désorientées par une épaisse purée de pois.



Un Viking nous rejoint en faisant son jogging (!), ce semblant de chemin perdu dans les pierres doit être le bon. Bingo ! Il nous conduira bien à Steinn, la "pierre" en islandais.


Steinn dans le brouillard
La preuve





















À l'arrivée, 2 Islandaises pique-niquaient. Normal. D'après Caroline se trouve un livre d'or dans une boîte métallique. C'est vrai ! Sauf qu'il est désormais en lambeaux, humidité oblige.
















Pour redescendre, on suit nos 2 nouvelles copines. Comment font-elles pour être aussi coquettes et bien coiffées en plein effort ? Le mystère islandais…Bref, cette fois, c'est le chemin le plus direct mais aussi beaucoup plus pentu. Je pense que je l'aurais haï en montée.




Hormis la vue sur Reykjavík et sa baie, il est beaucoup moins bucolique que le sentier qu'on a pris, excepté à l'arrivée. Aurélie et moi sommes bien contentes de notre choix initial après avoir joyeusement gambadé entre lupins d'Alaska et fleurs d'angéliques.


Reykjavík et son agglomération dans le brouillard


Malgré une météo un peu bouchée, nous avons vraiment adoré cette ascension revigorante en pleine nature.

Et si vous êtes des touristes qui n'aimez pas les touristes parce que vous ne vous croyez pas vraiment touristes alors qu'en fait vous êtes bien des gros touristes, c'est le spot parfait ! Plus d'Islandais que d'étrangers à 20 minutes de Reykjavík, c'est assez rare pour être mentionné 😉