Chevaline


J'aime pas les chevaux. Même pas en lasagnes. Les chevaux, tu peux même pas les regarder droit dans les yeux, j’ai horreur de ça !

Gamine, quand le centre aéré me traînait de force à l’équitation, on me refilait toujours le grand teigneux. Peut-être à cause de mes guiboles à la Lucky Luke. On tentait alors de me rassurer en me disant que ce n’était pas un cheval mais un double-poney. Ma croupe, oui ! Un double-poney, ça reste un demi-cheval !


Face à Eyjafjallajökull


Bref. Une chute sur la tête, des genoux ensanglantés et quelques gouttes de pipi de peur plus tard, je n’avais toujours pas surmonté mon hippophobie.

Puis j’ai rencontré un petit cheval islandais il y a 2 ans. Il n’est pas très causant, le petit cheval islandais, mais il est plutôt cool. Il faut dire que passer l’été en liberté dans la montagne, sans barrières, sans selle et sans cavalier pour te commander, ça aide à évacuer le stress. Bon, il a des mauvais côtés aussi, hein ! Par exemple, il est raciste. Vous saviez que si un cheval islandais quitte temporairement son île à bord d’un drakkar pour parcourir le monde, il est banni à jamais du royaume des elfes ?  Tout ça pour éviter qu’un chromosome étranger ne vienne altérer la pureté de sa race. Et prétentieux avec ça !


Landmannalaugar


A l'été 2013, j’ai carrément tenté le grand rapprochement. Une haleine de poney, une crinière toujours emmêlée, ça partait bien : nous avions déjà des points communs. J’ai réussi à lui donner à manger, non sans pousser quelques couinements d’angoisse. Je l’ai même caressé. Mais nous n'étions pas encore assez intimes pour se lancer dans une fougueuse séance de « tölt », cette allure propre au cheval islandais, à mi-sabot entre le trot et le galop.


Ferme de Snorrastaðir


Il faudra donc que je retourne une troisième fois en Islande pour vaincre ma peur. C'est même ma résolution pour cette nouvelle année. Zut alors...