Ce rêve bleu


06 et 07 décembre 2015



J'ai pas compris. Avant, j'allais en Islande tous les 2 ans. Maintenant, c'est 2 fois par an. J'ai rien vu venir. Je crois que je suis accro.

Pour ce quatrième retour en Thulé, pas de grand voyage ou de journée coupée du reste du monde. J'ai juste pris le temps de vivre normalement sur l'île la moins normale de la planète.

Cette fois, je ne suis partie que 3 jours, histoire de tenir jusqu'à l'année prochaine.

Arrivée dimanche 6 décembre 2015 en fin d'après-midi avec Caroline, mon amie du site islande.is, j'ai eu le temps d'admirer l'Islande depuis l'avion, avant que le pays ne bascule complètement dans l'obscurité vers 16h.



















Première surprise à bord, nous avons croisé Dagur B. Eggertsson, le maire actuel de Reykjavík, COP21 oblige. J'aurais préféré Jón Gnarr, l'ancien édile de la capitale, mais je ne vais pas faire la fine bouche !

Vol avec Icelandair sans encombres et sans retard. C'est donc fraîches et dispos que nous avons atterri à Keflavík où nous avons rejoint une autre copine déjà sur place, notre hôte Magnús puis une partie de sa famille qui arrivait du Danemark. Les familles islandaises, c'est toujours une longue histoire....genre saga.

Deuxième surprise, il ne fait pas si froid. Un petit 5 degrés carrément supportable. Les touristes sont en boots et doudoune, les Islandais en baskets et en veste. Bref, je crois que j'ai pris trop de pulls.

Nous avons logé à Hafnarfjörður, agréable petite ville de la banlieue de Reykjavík.

Hafnarfjörður


Il n'y a pas de bruit de circulation, on entend le souffle du vent, je respire de l'air frais et l'eau sent le soufre quand t'ouvres le robinet...C'est là que je me rends compte à quel point tout ça m'avait manqué !

Allez, un petit tour au supermarché Samkaup d'à côté pour s'acheter de quoi faire un bon repas : hangikjöt, smurostur, skyr, grjónagrautur et hunangsterta. C'est dur à prononcer mais ça se mange très bien.


Reposées et le ventre plein (de skyr), nous avons pris la route pour Borgarnes le lendemain matin. La tempête du siècle étant annoncée en grandes pompes pour le début de l'après-midi (!), nous n'avons que quelques heures devant nous avant la fermeture des routes. Au final, ça sera juste un petit pet de troll pour la capitale mais je reviendrai dessus quand même.

De mémoire, la route qui menait à Borgarnes était assez sympa. Là, honnêtement, avec un soleil qui se lève à 11h00, euh...j'ai pas bien vu (tout du moins à l'aller).


J'étais plus concentrée sur la conduite de mon gentil chauffeur dont je tairais le nom. Neige ou pas neige, l'Islandais roule beaucoup, l'Islandais roule vite et l'Islandais accélère quand le feu passe au rouge.

J'ai ramené "Le Petit Livre des Islandais" d'Alda Sigmundsdóttir dans lequel j'ai appris, quelques jours après cette "expérience", que c'était normal de passer au rouge en Islande. Ah, ok, au temps pour moi !

Autre anecdote rigolote: quand vous êtes garés sur un parking de magasin l'hiver en Islande, les voitures dont les moteurs tournent avec les phares allumés, et ce même quand il n'y a personne à bord, vous pouvez être sûrs qu'elles appartiennent à un local. L'Islandais serait-il frileux au point de laisser le chauffage en permanence dans sa voiture ? Perso, j'ai cru étouffer dans l'habitacle. J'avais pas prévu de transpirer à cette époque de l'année, perdue au beau milieu d'un fjord.

En parlant de fjord, nous voilà tous les 4 arrivés à Borgarfjörður, le fjord où se niche la ville de Borgarnes. Le lever de soleil sur la montagne et la mer, ça donne une lumière incroyablement bleue. Photos non retouchées, voyez par vous-mêmes !


Et avec les décorations à l'entrée du bourg, le Père Noël finlandais aurait vite fait de se tromper de pays. Rovaniemi, son village "officiel", n'a qu'à bien se tenir !

Borgarnes

Après un passage éclair au magasin Eðalfiskur, réputé pour ses saumons (à se damner, je confirme), nous sommes rentrés sans tarder sur Reykjavík. Tout est si calme, les chevaux si paisibles, on ne dirait pas que le vent va se lever dans quelques heures...

Sur le port de la capitale, ça commence à souffler. J'aime bien le "dling-dling-dling" des mâts des bateaux arrimés aux quais. Quel que soit le port où je me balade, c'est une musique que j'associe désormais systématiquement à l'Islande.





Pour nous réchauffer, nous avons pris une soupe de langoustines bien chaude au restaurant Höfnin puis nous sommes baladés en voiture dans la ville, du centre jusqu'aux hauteurs pour profiter d'une vue panoramique sur la capitale la plus septentrionale d'Europe.




Avant de retourner sur Hafnarfjörður, Magnús a tenu à nous emmener sur la jolie péninsule d'Álftanes, où se trouve la résidence officielle du président, Bessastaðir.

Si vous souhaitez vous reconvertir dans le tourisme en Islande, une guesthouse avec 2 logements était à vendre au prix de 500 000 euros, à quelques kilomètres à peine du Président 😉

Bessastaðir
Álftanes


Le retour s'est fait sans la moindre difficulté et le dieu Eole s'est seulement invité en toute fin d'après-midi.

Si la plus grosse tempête depuis 20 ans a créé des dégâts importants sur la côte sud, cela ne nous a pas empêchés de passer une bonne soirée au saumon et au vin blanc !

Le lendemain, toutes les routes pour la capitale étaient de nouveau ouvertes. Aucune victime n'a été à déplorer, les écoles et les magasins ayant tous fermé plus tôt.

Et si les Vikings conduisent vite, ils savent aussi écouter les consignes de sécurité (parfois) 😁


Tempête dans la nuit du 7 au 8 décembre 2015 en Islande