Le jeu des 7 ressemblances


Pour clôturer cette difficile année 2015, ma famille et moi avons pris la direction de la Martinique.

Destination incongrue quand on ne rêve que d'Islande...Mais en y réfléchissant bien, le choix de se poser à Madinina n'est pas si illogique que ça quand on est amoureux de Thulé. Parce que oui, on peut s'amuser à y voir des ressemblances !

1/ Une île volcanique

Tout comme l'Islande, les paysages martiniquais doivent leur superbe à l'activité volcanique. L'arc des petites Antilles est le résultat du "duel" entre les plaques lithosphériques nord-américaine et caraïbe. À l'instar de Thulé, la terre est ici encore en formation !

Et ces 2 îles ont également connu chacune une éruption majeure: celle du Laki en 1783, qui décima 25% de la population islandaise et celle de la Montagne Pelée en 1902, qui pulvérisa la moitié de la ville de Saint-Pierre et fit 30 000 victimes. Ces 2 éruptions sont les pires catastrophes naturelles de leur Histoire.


Anse Céron et son sable noir d'origine volcanique


2/ La cool attitude

"Þetta reddast !" disent les Islandais, "Pani pwoblem", leur répondent les Martiniquais.

À ces 2 endroits de la planète, rien ne semble grave. D'où vient cette philosophie de vie ? Aucune idée. Peut-être que le fait de vivre au contact de la nature, en s'y adaptant plutôt que chercher à la contrôler, vous pousse à en profiter à fond tant que cette dernière n'a pas décidé de vous pourrir la journée avec un cyclone ou une tempête de neige dantesque ?!


Un dimanche soir 


3/ Le tutoiement

Le vouvoiement n'est jamais utilisé en islandais, dans la langue de tous les jours en tout cas. En 12 jours, je ne crois pas avoir été une seule fois vouvoyée en Martinique. Je trouve que ça facilite le contact et réduit la distance qu'il peut y avoir entre 2 inconnu(e)s. L'une de explications de leur "cool attitude" citée précédemment ?

4/ La faune avicole

En Islande, des macareux, courlis corlieu (coucou Franck !), eider, pluvier doré, sterne arctique, etc. Pélicans, aigrette pique-boeufs, colibri et j'en passe en Martinique.

Et que ça chante, et que ça gazouille, et que ça te pique ta bouffe à table ou plonge dans l'eau à 10 cm de ta tête !

Si tu n'aimes pas les oiseaux et recherches le silence absolu, fuis ces 2 îles !




5/ La teuf

Un peu comme dans le paragraphe précédent sur les oiseaux, si tu n'aimes pas la musique, ne vas ni en Islande ni en Martinique ou alors, pars reposer tes tympans loin loin loin dans la campagne.

Reykjavík est une salle de concert à elle toute seule. Entrez dans un café le soir, vous tomberez certainement sur un concert. Voici une liste non-exhaustive des meilleurs endroits de la ville pour s'amuser.

Et en Martinique, tendez simplement l'oreille et allez là où vous entendez du zouk et des rires !




6/ Un peuple de pêcheurs

Tout comme en Islande, la pêche est un pan de l'économie martiniquaise. Si son caractère insulaire limite l'expansion de l'agriculture, les eaux de Madinina sont en revanche très poissonneuses. Je serais bien incapable de faire la différence entre un poisson comestible ou non, mais avec un seul masque et tuba, vous avez l'impression de plonger votre tête dans un aquarium !

Les pêcheurs n'hésiteront pas à vous montrer leurs prises du matin et les étals foisonnent de poissons tous aussi délicieux les uns que les autres, sans compter les crustacés. Un régal pour les papilles !




7/ Une terre d'écrivains

Quel est le point commun entre l'Islandais Halldór Laxness et le Martiniquais Saint-John Perse ? Ils sont tous les 2 nés sur une île, ok, mais ils ont aussi chacun reçu le prix Nobel de littérature.

Je ne vous présente plus les sagas islandaises, connues dans le monde entier pour avoir fait la renommée culturelle de l'Islande. J'avoue en savoir beaucoup moins sur la littérature des Antilles et pourtant, quelle richesse ! Pas étonnant quand on se trouve à la croisée de plusieurs cultures, après avoir subi des années de colonisation.

C'est d'ailleurs un point commun aux Islandais et aux Martiniquais. Les uns ont subi la toute puissance de la couronne danoise jusqu'en 1944, les autres ceux des Européens jusqu'à l'abolition de l'esclavage. De ces années sombres est née une forte tradition orale grâce aux conteurs, avant que la volonté de se réapproprier l'écriture ne fasse surface rapidement auprès de ces populations opprimées, qu'elles soient proche du Cercle Polaire Arctique ou avec vue sur la Mer des Caraïbes !

De nos jours, les livres des auteurs islandais squattent de plus en plus nos librairies et l'écrivain martiniquais Aimé Césaire a réconcilié ses concitoyens avec leur héritage africain, en fondant le mouvement littéraire de la "négritude". À son décès, la France lui fit l'honneur d'obsèques nationales.