De Drangsnes à Ísafjörður



Mardi 28 juin 2016


Il est temps de quitter la région de Drangsnes, que j'ai vraiment a-do-ré ! La route de la côte du Strandir restera l'un de mes meilleurs souvenirs d'Islande jusqu'à présent.

Sur la route d'Hólmavík


Mais avant de partir pour Ísafjörður, ville principale des fjords de l'Ouest, mon amie Caroline et moi sommes allées dire au revoir à Kristján. Qui est Kristján ? C'est le papa du copain islandais qui nous a prêté sa maison à Hella, et qui vit l'été dans sa caravane posée sur le terrain.

Ce monsieur est un véritable personnage, un grand gaillard de 76 ans avec les yeux pétillants d'un gosse. Inutile de se demander où Sólveig Anspach, la réalisatrice américano-islandaise dont le film posthume "L'effet aquatique" vient de sortir, allait puiser son inspiration pour ses films complètement décalés: sur son île peuplée de gens aussi loufoques qu'attachants !

Déçu qu'on ne reste pas plus longtemps (il avait prévu d'aller nous pêcher des poissons pour le déjeuner), il a tenu à nous montrer ses "trésors" : un bout de tissu accroché à des buissons en guise de hamac, de la tôle plantée dans la terre, esquisse d'une clôture à venir, son magnifique pied de rhubarbe caché dans les herbes folles et, clou du spectacle, son "salon d'été" que je vous laisse découvrir en photo.

Le salon d'été de Kristján...


J'en avais limite les larmes aux yeux, de rire un peu, d'émotion beaucoup. J'aimerais tellement me contenter de bonheurs aussi simples....Et si vous vous demandez comment il se lave pendant les 3 mois d'été, perdu au beau milieu d'un fjord, bah il se baigne dans la mer à 4 degrés.

Allez, il est temps d'aller voir à l'ouest s'ils sont aussi barrés !

Je n'aurai pas grand-chose à vous raconter à propos de la route des fjords du nord-ouest. Nous avons roulé toute la journée sous la pluie et la vue était bien bouchée. Nous avons quand même croisé 2 phoques et admiré des paysages encore plus photogéniques par mauvais temps.

Vatnsfjörður
Ísafjarðardjúp


Passer de l'été à l'hiver en perdant près de 10 degrés en quelques heures, c'est violent ! Mais c'est aussi le charme de l'Islande. Heureusement, le pays compte de nombreuses sources d'eau chaude un peu partout sur le territoire.

Si je n'ai pas testé la piscine géothermale de l'hôtel Reykjanes, avec un panorama de fou sur l'Ísafjarðardjúp, je ne me suis pas gênée avec celle d'Hörgshlíðdarlaug.

Reykjanes
Hörgshlíðdarlaug













Elle est située tout au bout du fjord Mjóifjörður. Un pont traverse désormais ce fjord, réduisant considérablement le trafic sur l'ancien axe routier. Tant mieux ! Nous y croiserons une seule voiture et j'ai pu profiter d'une baignade solitaire dans une eau à 38°c pour 200 couronnes (1,50 euro)




Le reste du périple s'est continué sous des trombes d'eau, la pluie s'étant accentuée. Un repas chaud s'est donc imposé. Nous nous sommes arrêtées au Café Ögur, qui jouit d'une vue spectaculaire sur la baie de Kaldalón, où l'eau prend des teintes turquoises par endroits.

Nous y avons dégusté une bonne soupe de chou-fleur. Les restaurants islandais sont souvent très américanisés. Hamburgers, sodas et pizzas sont légion en terre de glace. Si je n'ai rien contre la malbouffe (ah ah ah !), je ne peux néanmoins que vous inviter à goûter leurs soupes de légumes ou de viande. Accompagnées de pains tous aussi bons les uns que les autres, c'est toujours un délice ! 

Kaldalón

 














L'arrivée sur Ísafjörður a été épique, entre fjords embrumés et villages dans les nuages. En plein mois de juin, ça surprend !

Álftafjörður
Bolungarvík


Ísafjörður est une ville très agréable, construite sur une langue de sable dans le fjord Skutulsfjörður. Elle possède ce charme désuet des villes de province. Il ne doit vraiment pas être désagréable d'y vivre, d'autant que 2 vols quotidiens la relie à la capitale en 40 minutes seulement avec Air Iceland.

C'est une maison bleue...


























La magie de la météo islandaise fait que le lendemain, le ciel sera aussi bleu que les façades des maisons d'Ísafjörður. Aucune goutte de pluie ne viendra non plus gâcher notre journée. Par contre, on a tué un mouton en roulant, oups.