Drangsnes et la côte du Strandir



Dimanche 26 juin 2016

C'est avec 2h40 de retard sur l'horaire que j'ai remis les pieds en Islande pour la 5ème fois de ma vie.

Malgré la déconvenue, j'ai passé un vol agréable en compagnie d'un sympathique Nordiste épris de Scandinavie qui retournait sur l'île fantastique pour la seconde fois. Quand je vous dis que ce pays est addictif...

Avec ce contretemps, j'ai eu un peu peur que Caroline, mon amie française qui vit désormais à Hafnarfjörður, n'ait pas le courage de prendre de suite la route pour l'ouest comme prévu.

C'est qu'il faut près de 4 heures pour rejoindre Drangsnes au départ de Keflavík et Caroline rentrait tout juste de Vík, à plus de 200 km de l'aéroport.

Mais il faut croire qu'elle a désormais l'endurance du Viking car à 22h00, après avoir récupéré le 4x4 du copain Trönd en chemin, nous étions arrivées à Hella, à côté de Drangsnes, face au fjord Steingrímsfjörður où je m'émerveillais à nouveau sur mon premier soleil de minuit depuis 3 ans.

Soleil de minuit dans le Steingrímsfjörður


Cette première nuit n'a pas été de tout repos. Ce n'est pas la lumière quasi-permanente qui m'a empêchée de dormir mais un agneau perdu qui bêlait sous ma fenêtre pour appeler sa mère à 1h30 du matin....Happy end, la maman l'a retrouvé quelques minutes après avoir poussé un gros "bêêê" en retour. J'ai mis un peu de temps à me rendormir mais ça nous a bien fait marrer avec Caro, c'est l'essentiel.

Quant au réveil, bien qu'ayant accumulé des heures de fatigue la veille, il a été plus facile que je le croyais. C'est sans difficulté que mes yeux se sont ouverts à 06h30, soleil éblouissant oblige. Il n'y a jamais de volets aux fenêtres là-bas et malgré des nuits sans obscurité l'été, beaucoup d'Islandais jugent vraisemblablement inutile d'investir dans des stores occultants.

01h30 à Hella
06h30 à Hella


Une douche et un bon petit-déjeuner m'auraient fait le plus grand bien mais j'ai du zapper cette option pourtant indispensable pour moi en France.

J'ai oublié de vous dire qu'on a passé nos 2 premières nuits dans la maison de campagne d'un ami islandais à Hella, où il n'y a pour l'instant ni eau, ni revêtement de sol. Pour l'eau, je suis allée me rafraîchir les pieds et le visage dans la petite rivière qui traverse le terrain.

L'eau des rivières n'est pas polluée en Islande. Il faut juste être prudent s'il y a des cacas de moutons aux alentours, qui peuvent parfois la contaminer avec une charmante bactérie nommée E-Coli. Si vous ne la buvez pas ou n'avez pas de petites plaies, tout va bien. 

La "fameuse" maison de campagne en travaux 

Bain de pieds 


Pour le petit-déjeuner, on s'est contentées de quelques gâteaux secs à la poussière dans la cuisine pas encore terminée.

Mais ce qu'il y a de magique en Islande, c'est qu'on peut se nourrir uniquement de ses paysages (ou presque). On aura principalement grignoté toute la semaine en voiture et vous savez quoi ? ça aura été le cadet de mes soucis.


Lundi 27 juin

Parties d'Hella avant 09h00, nous avons pris la route 643 qui longe la côte du Strandir, non sans avoir fait le plein avant. La région des fjords de l'Ouest est l'un des endroits le plus sauvage d'Islande, où il est conseillé de prendre de l'essence dès lors qu'on voit une station. Quelques minutes après avoir passé le bourg de Drangsnes, oui, je vous le confirme, on a l'impression d'être au bout du monde.

Strandir et ses nuages d'un autre monde


On croisera quelques rares voitures (on fait moins les malines quand c'est sur des routes à flanc de montagne), on passera par des fjords d'une beauté saisissante, non sans dire bonjour aux moutons en liberté, avant de terminer notre périple dans la sensationnelle piscine géothermale de Krossneslaug (500 couronnes = environ 3 euros)







Au bout de la piste, un drôle de rocher nommé Þrjátíudalastapi en haut duquel 30 dollars auraient été laissés et appartiendraient à quiconque le grimperait. Un pêcheur d'Eyjafjörður a relevé le défi il y a une centaine d'années et n'a rien trouvé. Autant vous dire que je n'ai même pas posé un pied sur cette plage !

Þrjátíudalastapi


Pour le retour, pas d'autre choix que de reprendre la route en sens inverse. Pas grave ! Le temps et la lumière changent tellement vite en Islande que rien n'est jamais monotone. Et puis un arrêt est prévu à Djúpavík: mon cœur de fan de Sigur Rós a juste explosé ! Prête à tout pour voir ça:







Comment cette journée aurait-elle pu être plus parfaite ? Une victoire de l'équipe de football d'Islande face à l'Angleterre et une soirée dans les hot pots de Drangsnes peut-être ?