Au sud de mon Nord



Islande, le 10 et 11 novembre 2017 


Voilà, voilà. Huitième fois en Islande et je suis toujours aussi excitée comme une puce à l'idée de repartir à sa découverte !

Sur la côte Sud en hiver

La lumière décline d'environ 5 minutes par jour à cette époque de l'année mais vous pouvez encore compter sur environ 7 heures d'ensoleillement quotidien, de quoi bien occuper ses journées.

Parties d'Hafnarfjörður vers 09h00, Caroline et moi avons quitté la neige pour prendre la direction de la côte sud via Hveragerði.

Hafnarfjörður et notre carrosse


Hveragerði se situe à environ 40 km de Reykjavík. 80% de sa population travaille sur la capitale et je les trouve bien courageux ! En effet, la route du plateau d'Hellisheiði est la plus accidentogène du pays, le col qu'elle traverse étant sans arrêt chahuté par le souffle des elfes (des rafales de vent, quoi). Soyez particulièrement prudents si vous empruntez cette partie de la route numéro 1.

Le col de Hveragerði


Après, je comprends parfaitement les habitants de cette commune que j'adore. Le cadre est superbe et se situe à mi-chemin entre Reykjavík et les premières merveilles que la côte sud et la région du Cercle d'Or ont à offrir. J'y avais randonné cet été, dans sa vallée nommée Reykjadalur, et garde un souvenir merveilleux de ma baignade dans la rivière d'eau chaude Klambragil.

En prime, à notre arrivée sur cette localité, nous avons assisté à un lever de soleil incroyable !


Hveragerði dans la brume et sa vue exceptionnelle sur la côte méridionale du pays 


Comme indiqué dans mon billet précédent, cela fait 5 fois que j'emprunte cette route. Eh bien figurez vous que malgré cela, j'ai encore découvert de nouveaux sites ! Je suis une adepte du slow travel et déteste survoler un pays. Je préfère voir moins mais à fond, quitte à revenir plusieurs fois.

Alors qu'est-ce que j'ai donc bien pu louper sur la côte méridionale de l'Islande en juin 2011, avril 2015 et août 2017 ?

1/ La cascade Urriðafoss,
15 kilomètres après Selfoss, au pont à droite avant d'arriver sur Hella.

Je ne sais pas en été, mais en hiver, avec les sculptures de glace qui commençaient à apparaître, c'était tout simplement magique avec cette belle luminosité matinale.

C'est par contre la première fois que j'expérimentais des températures négatives en Islande, l'hiver là-bas étant relativement doux contrairement aux préjugés. Avec le vent qui accentuait la sensation de froid, j'ai d'un coup compris pourquoi on l'appelle "terre de glace". Gla gla....

Urriðafoss


2/ La cascade Kvernufoss

Mon amie Caro l'a rebaptisée "Roulage-de-pelle-foss" mais je n'ai pas cherché à en savoir plus 👀

Elle est située juste à côté de la célèbre chute d'eau Skógafoss où il est désormais impossible de prendre une photo sans hordes de touristes à ses pieds. Continuez plutôt en direction du musée Skógasafn à droite et garez-vous au niveau d'un bâtiment en tôle. Passez le petit escabeau au dessus de la clôture (c'est pour l'instant autorisé) et remontez le long de la rivière.

Caroline sans frontières


Kvernufoss est encastrée dans un mignon petit canyon où, avec un peu d'imagination, vous apercevrez des faces de trolls dans la roche. Comme à Seljalandsfoss, vous pouvez marcher derrière son rideau d'eau en toute tranquillité. On a dû croiser une dizaine de personnes seulement. Dépêchez-vous, elle ne sera bientôt plus secrète du tout !

Kvernufoss et son arc-en-ciel


3/ Les glaciers Sólheimajökull et Fláajökull

Alors là, j'ai terriblement honte d'avoir loupé Sólheimajökull ! Autant avec mon amie Carine au printemps 2015, la route qui y menait n'était qu'une piste et cela peut expliquer qu'en passant un peu vite, on ne l'ai pas remarquée. Mais alors je m'excuse auprès des copains Aude et Manuel avec qui j'y suis passé 2 fois de suite cet été !

À quelques kilomètres à peine de Skógafoss sur la gauche, la route est désormais goudronnée et un panneau indique convenablement sa présence. C'est même le glacier le plus accessible de l'île...

Sólheimajökull


Pour la petite histoire, cette piste a été asphaltée à l'automne 2015 en prévision de la venue de François Hollande. À l'occasion de la conférence de l'ONU sur le réchauffement climatique, il est venu observer le retrait du glacier qui a perdu plus d'1 kilomètre en 70 ans. Pour ce faire, il devait emprunter cette route. Il a préféré se déplacer en hélico, pouin pouin pouin....Cette route a depuis été renommée "La route de François" par les Islandais 😂

Quant au glacier Fláajökull, on est déjà bien à l'Est, quelques kilomètres un peu avant la ville d'Höfn, tout au bout de la côte sud. J'y ai entendu plein de petits bruits cristallins, des cailloux dévalaient le terrain sans raison particulière et je me suis surprise à me dire que peut-être, les elfes farceurs existaient pour de bon !

Si un pont permettait auparavant de s'approcher du glacier, ce dernier a vraisemblablement été emporté dans une crue glaciaire.

Fláajökull et son ancien pont suspendu


L'avantage, c'est que vous serez certainement seuls (sans compter les êtres surnaturels), la piste y menant n'étant pas des plus "confortables". Mais avec la Peugeot 206 de Caroline, fraîchement équipée de ses pneus cloutés (la voiture, pas Caro), on est passées sans encombres. Sa voiture se prénomme Hulkette au fait.

Hulkette et ses pneus magiques


4/ Le canyon Fjaðrárgljúfur

C'est un nom (imprononçablequi parlera peut-être aux fans de Game of Thrones où des scènes y ont été tournées.

Avant d'arriver sur la petite commune de Kirkjubæjarklaustur, bifurquez à gauche sur la piste F206 qui n'est autre que celle qui mène au Laki. Au premier croisement, plutôt que de vous diriger vers Lakagigar, continuez tout droit. C'est bien indiqué, c'est praticable avec une voiture citadine même si la route est étroite et il y a un petit parking.

Ce canyon est grandiose ! Nous n'avons pas pu remonter le long de ses 2 kilomètres, la lumière baissant rapidement et le chemin étant entièrement gelé. On a d'ailleurs assisté à quelques chutes rigolotes. Et par pitié, ne passez pas au dessus des cordons: c'est dangereux et ça bousille la flore ! Certains (Justin Bieber pour ne pas le nommer) s'amusent même à poser leurs fesses en haut des pitons. C'est juste in-con-scient, ces falaises ayant jusqu'à parfois 100 mètres de hauteur !  


Fjaðrárgljúfur
Chemin glacé et coucher de soleil vers 16h30 




















5/ Les orgues basaltiques de Dverghamrar

Eh bien non ! Il n'y a pas que sur la plage de Reynisfjara que l'on peut observer les drôles de créations de Dame Nature. Quelques kilomètres après Kirkjubæjarklaustur sur la droite, vous pouvez observer de jolis blocs de lave refroidis par l'eau de mer, juste en face de la cascade Foss á Síðu.

Dverghamrar et la cascade Foss á Síðu.


Contrairement à Reynisfjara, vous n'y croiserez personne. De quoi y faire des photos ridicules en toute confidentialité.



6/ Vestrahorn et la plage de Stokksnes

S'il ne fallait choisir qu'un moment de ces 2 jours sur la côte sud, ça serait la plage de sable noir de Stokksnes et les montagnes oranges du cap Vestrahorn. Quelle claque !



Après la ville de Höfn, continuez en direction des fjords de l'Est vers Djúpivogur. Avant de passer le tunnel sous la montagne, tournez à droite sur le chemin en terre. Vous arrivez à une petite maison qui n'est autre que la réception du site. Il faut payer un droit d'entrée de 6 euros pour passer la barrière automatique avec votre véhicule.

Avec les couleurs du soleil couchant, tout était irréel ! Quand je me replonge dans mes photos, à aucun moment retouchées, je me dis que le paradis existe bien sur terre. Mon coup de cœur de cette folle semaine !



Vestrahorn

Les dunes de sable noir de Stokksnes

Soleil couchant sur la plage



Et pour clore le spectacle, j'ai vécu ma première aurore boréale à Kirkjubæjarklaustur. En sortant du "café des sœurs", le Systrakaffi, bam ! juste au-dessus de nos têtes !



Pour avoir la chance d'en observer, plusieurs critères doivent être réunis. Il faut que le ciel soit dégagé, une bonne obscurité est nécessaire (éloignez vous des lampadaires) et surtout, que l'activité solaire soit intense. L'échelle d'observation va de 1 à 9 et s'exprime en unité KP. Plus l'activité solaire est forte, plus le chiffre est élevé. Celle-ci était de force KP5.

Il existe des prévisions comme pour la météo sur le site vedur.is. Les zones blanches de la carte indiquent là où le ciel est dégagé et les chiffres dans l'encart en haut à droite donne l'intensité des aurores à venir. Elles sont considérées comme "actives" à partir de 4.

Leur période d'observation va de début septembre à fin mars. Cela peut varier, les premières aurores étant apparues fin août cette année. Bref, dès que le ciel est noir, levez le nez tout en gardant à l'esprit que ça n'est pas garanti non plus.

Quant à les prendre en photo, c'est un vrai défi, un bon appareil photo avec pied étant indispensable ! Avec un téléphone, ça ne leur rend pas justice. De toute façon, rien de mieux que de les voir en vrai et de se les graver dans la rétine...






À suivre: ma virée sur le glacier Vatnajökull

Lever de soleil sur la lagune Jökulsárlón



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MISE A JOUR

Mars 2018: le site de Fjaðrárgljúfur est fermé au public depuis la fin du mois de mars et ne rouvrira pas avant le 1er juin 2018 au moins.

Les chemins sont dans un état lamentable à cause de l'humidité et de la boue, ce qui n'a pas empêché certains touristes de continuer à les emprunter, aggravant la situation.

L'Agence de l'Environnement a donc décidé d'en interdire l'accès pour les restaurer et trouver une solution à long terme afin de les protéger, évitant ainsi une autre fermeture.

Avril 2018: les rangers islandais tirent la sonnette d'alarme pour les colonnes de basalte de Dverghamrar. Comparé au nombre de touristes les visitant, le site est trop petit pour absorber le nombre grandissant de voyageurs.

Les acteurs du tourisme en Islande incitent désormais les visiteurs à mieux se répartir sur le territoire pour éviter l'engorgement dans les sites les plus fréquentés (Geysir et GullfossSkógafossMývatn et Landmannalaugar). L'Islande est belle et accueillante partout, n'hésitez plus à aller visiter d'autres endroits que ceux indiqués dans les guides !

Juin 2018: Fjaðrárgljúfur est de nouveau ouvert au public mais la végétation reste très vulnérable ! Il est impératif de rester sur les sentiers et de ne pas passer au dessus des cordes.

09 janvier 2019: en raison d'une météo trop chaude et fortement pluvieuse, les sentiers de Fjaðrárgljúfur sont devenus impraticables, incitant les visiteurs à s'en éloigner. La végétation environnante en a donc une fois de plus fait les frais. Le site est fermé pour au moins 2 semaines et rouvrira seulement si la flore reprend un peu de vigueur après avoir été piétinée.  

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