Les Boréales 2019



16 et 17 novembre 2019


1 an et 5 mois. Cela fait 1 an et 5 mois que je n'ai plus posé le pied en Islande ou en Scandinavie, une première depuis 2011.

Je pense à mes pays nordiques tous les jours, vraiment. Mais si mon cœur meurt d'envie d'y retourner, ma raison de quadra me dit d'aller explorer d'autres régions du monde car je ne vais pas en rajeunissant... Après 14 voyages en Europe du Nord, je suis loin d'avoir bouclé la boucle mais suis déjà ravie d'avoir pu approfondir mes connaissances sur ces contrées où je me sens si bien.


Norvège 2014


J'ai bien écouté ma raison en 2019 et suis partie dans le nord de l'Angleterre, en Slovénie, chez sa voisine croate et suis rentrée du Québec il y a 15 jours. Un énorme coup de cœur pour la région anglaise du Lake District mais rien à faire, tout paraît plus fade après l'Islande. J'aurais jamais dû y aller (je déconne, hein). 


Islande 2017


Ce qui me sauve de ma déprime hivernale tous les ans, c'est ma virée normande chez mon amie Angélique pour aller au festival des Boréales. On se connaît du lycée depuis 1994 et rien n'a changé quand on se revoit: on a toujours 15 ans !


Elles venaient d'avoir 17 ans...


Le festival des Boréales se tient tous les ans dans la région de Caen dans le Calvados et est dédié aux cultures nordiques et baltes. Si Angel est plus attirée par les destinations chaudes, c'est quelqu'un qui s'intéresse tellement à tout que partager avec elle ma passion pour le nooooord est un réel bonheur. 

Cette année, l'invitée d'honneur des Boréales était la magnifique Norvège




On se plonge tout de suite dans l'ambiance avec l'exposition du photographe Peter Beste qui retrace en quelques clichés l'histoire du black metal en Norvège. Puisant ses racines dans le satanisme et le paganisme, cette sous-culture musicale est devenue le symbole de la lutte contre la religion catholique avec le retour de l'adoration des dieux nordiques et le rejet de la culture dite "mainstream".


Expo à la bibliothèque Alexis de Tocqueville


Après un déjeuner au Greedy Guts, Angélique et moi avons pris la direction du musée des Beaux-Arts de Caen pour assister à une rencontre littéraire que j'attendais avec impatience: l'écrivain islandais Gyrðir Elíasson, dont j'ai lu le roman "Au bord de la Sandá", était présent mais j'ai aussi pu découvrir le jeune Dagur Hjartarson.

Cerise sur le gâteau, Eric Boury, que vous connaissez forcément si vous lisez les romans d'Arnaldur Indriðason (son traducteur en français) était là pour s'assurer de la bonne compréhension de tous. Je l'aime beaucoup, il a un côté irrévérencieux qui me fait vraiment marrer ! 😂

 Le thème du débat était l'influence de la nature islandaise sur l'écriture des auteurs qui y vivent.


Au musée des Beaux-Arts


J'ai été un peu déçue par l'animatrice qui a sorti plein de clichés sur l'Islande et n'y a vraisemblablement jamais mis les pieds pour parler sans arrêt des forêts et du blizzard...Non, l'île fantastique n'est pas une terre polaire et peine à reboiser ses sols désertiques ! Le débat est néanmoins resté intéressant par les réponses truculentes des auteurs et les touches d'humour de leurs traducteurs. J'ai beaucoup aimé l'analogie concernant la neige qui recouvre les sols avec la capacité des Islandais à effacer les scandales politiques de ces dernières années...

La prestation de Dagur Hjartarson m'a convaincue d'acheter son livre, juste en mentionnant le site géologique de Þingvellir ! Son roman "La dernière déclaration d'amour" traite notamment de l'histoire d'amour impossible entre un jeune homme d'extrême gauche avec une fille ayant d'autres opinions politiques qui les feront s'éloigner comme les plaques tectoniques à Þingvellir - qui s'écartent inéluctablement l'une de l'autre un peu plus tous les ans.

La faille de Þingvellir en Islande


A la fin du débat, j'ai pu aller faire signer mon exemplaire d'"Au bord de la Sandá" et réviser mon islandais avec Gyrðir, visiblement ravi que je fasse l'effort dans sa langue. Un bel accueil de la part de ces 2 écrivains tout sourire avec moi - et d'ailleurs un bel accueil partout dans le monde quand tu fais l'effort de t'intéresser aux autres...

Genre c'est moi qui signe une dédicace 


En parlant de bel accueil, enfin a eu lieu la rencontre avec Jérôme, le directeur artistique du festival. On se suit sur les réseaux sociaux depuis quelques mois, du temps où j'avais encore ma page Facebook dédiée à la Scandinavie (je l'ai supprimée depuis pour arrêter de contribuer indirectement au succès touristique mortifère de l'Islande, NDLR). 


Monsieur le Directeur


On avait essayé de se voir lors d'autres concerts parisiens d'artistes nordiques mais sans succès. On s'est bien rattrapé ! En plus du café, on a passé la soirée ensemble, en tout bien tout honneur, je vous vois venir. J'ai pris ma dose de voyage et de musique avec ses anecdotes qui mériteraient un article complet. S'il n'y avait qu'un seul de ses conseils à retenir, c'est Epic Rain:



Et Tord Gustavsen Quartet aussi ! Sans son avis, jamais ne me serait venu à l'idée d'aller voir un concert de jazz norvégien. Ç'aurait été une belle erreur. J'avais un a priori débile, genre je vais me taper du vieux jazz à papa, eh bah pas du tout ! C'est un son moderne, envoûtant, sensuel et dès le deuxième morceau, Angélique et moi avons été complètement embarquées. A écouter d'urgence si vous ne connaissez pas déjà !


Tord Gustavsen Quartet au théâtre de Caen


Dimanche matin, un peu de mal à enchaîner. 2 soirs de suite couchée à 1h00 du matin, je n'étais plus habituée 😅 Une balade en bord de mer pour se réveiller, un échange de messages avec Monsieur le directeur et nous voilà invitées au cirque ! J'adore quand un bon plan arrive sans plan...

Nous avons assisté au spectacle de la compagnie Circus I Love You et qu'est-ce que c'était chouette ! C'est une compagnie suédoise mais désormais composée de gymnastes de toutes nationalités. Ils ne sont pas nombreux sur scène mais se suffisent largement. Le spectacle est tout en poésie, on sent une véritable complicité entre ces artistes qui, aussi étonnant que cela puisse paraître, font leurs numéros tout en jouant leur musique en live avec leurs instruments. Quelques notes à la Kusturica, de l'humour, des acrobaties sans filet, j'ai eu des étoiles plein les yeux comme une gosse ! Ils sont présents sur le festival jusqu'au 22 novembre, courez-y !


Circus I Love You 


Le festival se termine dimanche prochain, le 24 novembre. Je suis à 2 doigts d'y repartir. J'ai beau être une éternelle ado immature, mes responsabilités familiales me forcent malheureusement à rester un peu à la maison après avoir découché 4 week-ends de suite 😁 Je sens que je vais regretter de ne pas pouvoir assister au concert du troubadour islandais Svavar Knútur, voire de faire un jogging avec lui. Je vous invite à aller sur sa page Facebook pour comprendre de quoi je parle 😉




Merci à ma copine de presque toujours de m'accueillir tous les ans chez elle et à l'année prochaine avec encore plus de rides de rire 💗 En 2020, c'est le Danemark qui sera mis à l'honneur, trop hâte !


26 ans d'amitié et c'est pas la distance qui changera quelque chose



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